lundi 24 avril 2017

la veuve de Fiona Barton

Année d'édition : 2017
Edition : Fleuve edition
Nombre de pages : 416
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Mon avis :

La thématique du kidnapping d'enfants est un thème assez récurrent dans les thrillers. Parce que c'est un fait qui nous touche particulièrement et dont on a tous peur. La veuve traite de ce sujet avec brio et même si le dénouement final concernant le coupable ne m'a pas surprise plus que cela, j'avoue avoir été conquise et complètement accro à l'histoire proposée par Fiona Barton. La faute à une multitude de personnage charismatiques et intrigant et surtout au fait que tout ne soit pas focalisé sur cette petite fille disparue.

On débute l'histoire avec Jane Taylor, une femme effacée, discrète et réservée qui ne vit que pour son époux, Glen. Elle ne prend jamais de décision et fait en sorte que tout aille pour le mieux pour son époux et pour leur vie de couple. Aussi, lorsqu'une petite fille disparaît subitement, Jane est d'abord effondrée puis en colère contre la mère de Bella qui n'a pas su protéger et surveiller son enfant. Parce que voilà, Jane et Glen ne peuvent pas avoir d'enfants et c'est un rêve pour Jane depuis toujours que de fonder une famille et d'élever ses enfants. 

Si au début donc Jane était triste, peu à peu les événements prirent une tournure plus grave encore quand son époux fut accusé d'être le kidnappeur de l'enfant en plus d'être accusé de pédopornographie. Voilà le monde si tranquille de Jane qui s'écroule et la voilà perdue, ne sachant plus comment affronter ce nouveau monde qui s'ouvre à elle, où les journalistes et la police ne cessent de les harceler jusque chez eux. Glen qui soutient qu'il est innocent et n'a jamais regardé les enfants de cette manière et Jane qui lui fait confiance, même si tout commence à l'étouffer. Et voilà qu'un jour, Glen est renversé par un bus, mourant sur le coup. Dès lors, Jane devient la proie facile, celle que tous les journalistes souhaitent interroger pour sortir des articles de plus en plus intenses et lui soutirant le maximum d'informations. Car oui, Glen avait été acquitté, mais finalement il reste le suspect idéal...

On suit donc l'enquête pour retrouver Bella via l'inspecteur Bob Sparkes qui suit son instinct et va tout faire pour retrouver la fillette, Kate la journaliste qui veut parvenir à faire parler la veuve et Jane et Glen au départ, accusé, à tort ou à raison, d'un crime ignoble. Bella disparait et pendant quatre ans, l'enquête va tenter de résoudre le mystère, mais lorsque le principal suspect meurt, tout tombe à l'eau. Plus qu'une enquête c'est aussi l'histoire de Jane, une femme amoureuse qui a toujours suivi son époux et qui est sure de son innocence, prête à tout pour le soutenir et le défendre becs et ongles. Elle n'acceptera pas les accusations, la possibilité que son époux était obsédé par la pornographie et les enfants... Jane se voile la face jusqu'au bout. La pauvre.

J'ai été très touché par cette femme d'apparence froide et insipide qui subit le passif et le côté caché de son époux. Jane qui a honte et tente de se reconstruire après toute cette virulence médiatique dont elle a été victime. L'histoire avance lentement, elle prend son temps et jusqu'au bout on se demande s'ils ne retrouveront jamais la pauvre Bella.

La veuve est un bon thriller. Attractif et addictif, il nous emmène au plus sombre d'une enquête sur le kidnapping d'une petite fille et où les femmes de ces pédophiles sont les premières victimes de ces monstres. Une histoire touchante, bien amenée et efficace. 

Les +
- La galerie de personnages
- Les thématiques : le kidnapping, le harcèlement journalistique, le veuvage, la vie lorsqu'on est femme de criminel.
- Le rythme lent qui permet de vraiment s'imprégner de l'histoire

Les - 
- L'absence de surprise sur le dénouement
- La Passivité de Jane qui pourrait agacer bon nombres de lecteurs qui ne sauraient la comprendre.

mercredi 19 avril 2017

Syberia de Benoit Sokal et Dana Skoll

Année d'édition : 2017
Edition : Michel lafon
Nombre de pages : 346
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Kate Walker, jeune avocate américaine, est envoyée dans le petit village montagnard de Valadilène pour conclure le rachat d’une usine d’automates qui appartient à la famille Voralberg. Mais à son arrivée, elle découvre qu’un héritier potentiel, Hans Voralberg, a disparu en Europe de l’Est. Créateur d’automates de génie qui a passé sa vie à chercher les derniers mammouths vivant sur Terre, il s’est lancé dans sa quête jusqu’au nord de la Sibérie. Kate devra le retrouver pour mener à bien sa mission et sera confrontée à de nombreux personnages et lieux étranges qui remettront en question la vie qu’elle s’était construite.

Mon avis :

Syberia, c'est un jeu que j'aime depuis des années. C'est d'ailleurs l'un des jeux Point & Click que j'ai le plus apprécié (avec Runaway). Alors forcément, pouvoir redécouvrir l'histoire et l'aventure passionnante de Kate via le livre, c'était très tentant.

Comme je m'en suis doutée, j'ai bon nombre de souvenirs qui sont remontés à la surface. Ce roman est l'adaptation romanesque du premier jeu à être sorti. On y retrouve Kate, alors avocate qui se rend en France pour faire signer des papiers de ventes d'une usine réputée d'automates. Mais bien évidemment, rien ne va se dérouler comme elle le pensait et sa mission va se transformer en quête palpitante et incroyable. 

Je vais débuter par le point qui pourrait fâcher le plus les lecteurs qui ne comprendraient pas qu'il s'agit d'une adaptation roman d'un jeu vidéo. A ceux qui n'ont pas joué au jeu, ou qui ne connaissent pas le principe des point & click, on va avoir dans ce livre une succession de mini quêtes qui permettront à Kate de réussir sa mission principale. Alors parfois c'est aller d'un point A à un point B, trouver un objet pour tel personnage et avancer dans son aventure. C'est donc très linéaire et parfois le hasard fera bien les choses puisque Kate trouvera beaucoup d'aide extérieures qui lui permettront d'y arriver. Pas de panique, cette manière de procéder est tout à fait logique et normal puisqu'il s'agit à la base d'un point & click et je trouvais important de le souligner. 

Syberia est donc l'histoire du premier jeu où Kate se découvre la passion du voyage, des énigmes et des enquêtes mystérieuses. Un voyage palpitant où elle ira de découvertes en découvertes, de rencontres en rencontres, le tout dans un climat polaire et parfois obscur. Tous ne seront pas des alliés et certains personnages ont complètement perdu la tête. La faute au froid? A l'isolation ? A la pollution ? On est en droit de se poser des questions quand l'un veut séquestrer une chanteuse qu'il a toujours admiré ou d'autres encore kidnappent un vieil homme... 

D'autres apportent heureusement une touche d'humanité et ce ne seront pas forcément les personnages auxquels on s'attendrait. (Je pense à Oscar par exemple, l'automate qui a plus d'humanité que les humains, un comble pour une machine !) Kate va ainsi faire la connaissance de personnalité toutes différentes et certains auront un rôle décisif dans sa quête spirituelle. Parce que c'est aussi un voyage initiatique où la jeune femme va se redécouvrir, et enfin se révéler : courageuse, téméraire, curieuse et passionnée, elle fera tout pour parvenir à ses fins.

On voyage en Amérique, en France, en Russie et dans bien d'autres endroits tout ça dans le seul but au départ de faire signer un papier de vente pour une usine. Mais très vite c'est une quête personnelle qui va tenir en haleine notre héroïne prête à tout pour l'accomplir. On pourrait regretter sa froideur (surtout avec son petit ami et ses proches), mais prise dans l'aventure exceptionnelle qu'elle va vivre, Kate oublie son passé et va de l'avant.

En bref, Syberia est une adaptation réussie du jeu qui m'a tant passionné. Les mammouths, l'histoire, les personnages et les petites quêtes ont su raviver de merveilleux souvenirs. Certes ce n'était pas aussi prenant et palpitant que de vivre l'aventure soi-même avec le jeu, mais cela donne un magnifique aperçu de la qualité de l'histoire que l'on vit au travers de Syberia.

Les + :
- L'aventure palpitante
- Les paysages et endroits sublimes qu'on découvre
- La mythologie mise en avant et le côté très steam punk avec les automates et les machines

Les - :
- Le côté très linéaire qui vient du jeu vidéo.
- Le côté un peu froid de Kate qui ne semble jamais s'émouvoir des annonces que lui font ses amis.


dimanche 16 avril 2017

Winter people de Jennifer McMahon

Année d'édition : 2017
Edition : Le livre de poche
Nombre de pages : 408
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Et si vous aviez la possibilité de ramener d'entre les morts la personne que vous aimez le plus au monde ?
En 1908, la petite Gertie se tue en tombant dans un puits. Folle de désespoir, Sara, sa mère, usant d'un très ancien sortilège hérité de sa nourrice indienne, la ramène à la vie. Un siècle plus tard, la ferme de Sara est occupée par Alice et ses deux filles, Ruthie et Fawn. Un matin, Alice quitte la maison et ne revient pas. En cherchant des indices pouvant expliquer cette disparition, l'adolescente et sa jeune soeur découvrent un vieux cahier : le journal de Sara. Celle-ci y raconte l'histoire de Gertie et évoque une grotte souterraine d'ou l'on peut rappeler les défunts. Cela rappelle des souvenirs enfouis à Ruthie : toute petite, elle a été enfermée sous terre et son père l'a sauvée de quelque chose d'effroyable... Convaincues qu'Alice a lu le journal de Sara et qu'elle est en danger, les deux filles se préparent à aller explorer cette grotte dont Ruthie a gardé la mémoire.
Mais si l'amour fou était vraiment plus fort que la mort ? Si elles ne pouvaient arrêter l'être innommable qui retient leur mère prisonnière ?

Mon avis :

Wahou. Voilà un mot bien court et qui pourtant signifie tant de choses. Winter people fait partie de ces lectures qui vous passionnent dès les premières lignes et dont l'histoire est sublime. Entre une plume douce et enchanteresse, des personnages attachants et bourrés d'imperfections et une intrigue à la limite de l'horreur et du bonheur, Winter people est ce genre de roman dont on peut avoir plusieurs interprétations, mais je pense, le même ressenti : être subjugué. 

Winter people c'est une histoire familiale sous fond de tragédie où un secret millénaire leur permet de faire revenir à la vie un membre qu'ils ont perdu et ce, pendant 7 jours. Passé ce délai, le défunt disparaît à nouveau pour toujours. Forcément, cela laisse d'énormes possibilités à l'histoire pour nous captiver. Et ce fut le cas, j'ai trouvé ce roman magnifique, justement dosé, bourré de rebondissements, de tristesse et de drames, mais avec cette note d'espoir qui nous maintient en haleine jusqu'au bout. 

On débute ce roman en 1908 avec Sara et Martin, un couple aimant qui tente de protéger au maximum leur petite fille Gertie, une fillette fragile et très curieuse. Mais voilà qu'un jour, Gertie suis son père parti chassé, et qu'elle ne revient pas. Sara et Martin commencent alors à la chercher, à fouiller, à alerte les autres habitants... la fillette ne sera retrouvé que plus tard au fond d'un puits. Et c'est là où l'histoire prend une dimension vraiment fantastique et triste. Sara étant persuadée que sa petite fille a été assassinée, elle va perdre pied petit à petit et être sûre que sa fillette est devenue une dormeuse (une revenante) et qu'elle tente de lui transmettre un message. Elle ne serait pas morte par accident, mais assassiné par quelqu'un. Qui ? Voilà la question que l'on se pose en compagnie de Sara et de Martin. L'une, certaine que sa fille tente de lui transmettre un message et l'autre persuadé que la perte de leur fille a complétement rendue folle Sara. 

J'ai été fasciné par les héros et leur épreuve douloureuse. Par la difficulté qu'ils ont à surmonter ce tragique événement, surtout lorsque des événements paranormaux s'en mêlent. Martin commence à douter des événements, de ce qu'il pense avoir vu ou compris et Sara, elle, élevée par Tantine a connaissance d'une magie étrange qui sévit dans le coin.  Le roman fait ensuite un bond dans le temps au 21ème siècle et on fait la connaissance de Ruthie, une adolescente qui vit dans la maison de Sara et Martin plus de cent ans plus tard. Ruthie est une jeune fille comme tant d'autres, avec ses passions et rêves et qui s'occupe beaucoup de sa petit soeur Fawn, une enfant rêveuse et pleine d'imagination. Lorsque leur mère disparaît soudainement, sans laisser de trace, nos héroïnes se retrouvent confrontés à un abandon qu'elles ne digèrent pas. Pour elles, quelque chose est arrivé à leur mère et il leur faut la retrouver.

C'est lorsqu'elles vont découvrir de nombreuses cachettes secrètes dans leur maison avec des effets personnels appartenant à des gens disparus qu'elles comprennent qu'une malédictionvit dans le coin. Leur histoire et celle de Sara sera étroitement liée et petit à petit on découvre une histoire de sorcellerie, de damnation et d'amour, où comment une mère est prête à tout pour protéger son enfant et la garder près d'elle.   

C'est véritablement un chef d'oeuvre que j'ai eu l'impression de lire. Tant l'histoire a su m'offrir un tas d'émotions et nous amener dans des directions différentes pour ensuite revenir sur l'histoire de Sara qui finalement est à l'origine de tout ça. Le côté fantastique est donc bien présent, avec ces morts qu'on réveille durant sept jours, ce bois sombre et ce coin effrayant : la main du diable où nombre incalculable de mythe ont fait de l'endroit celui qui effraye le plus la population locale. L'histoire de Sara est bouleversante, triste et en même temps effrayante. Cette façon qu'elle a de communiquer avec sa fille décédée effrayera plus d'un lecteur qui n'apprécieront sans doute plus de voir leur porte de placard s'ouvrir lentement. On a également le côté thriller qui est mis un peu en retrait mais sert justement à donner ce côté très addictif au roman. Entre les nombreuses disparitions, les morts et les personnages qui gravitent autour de Ruthie et de Sara, on reste captivée et l'intérêt ne faiblit jamais.

Et pour parvenir justement à relier toutes ces histoires, l'auteur ajoute une nouvelle héroïne : Katherine, une femme perdue, malheureuse qui en plus d'avoir perdu un enfant également, doit survivre la perte de l'homme de sa vie, mort en se rendant à West Hall, des suites d'un accident de voiture. Seulement, Katherine ignore ce que son époux était parti faire là-bas, dans ce coin paumé. Et curieuse, elle va mener son enquête et fouiller un peu partout pour obtenir des réponses... jusqu'à ce que sa route croise celle de Ruthie et Fawn.

En bref, Winter People est un bijoux de fantastique. Rondement mené, addictif, efficace dans son traitement et dans sa manière d'utiliser la mythologie des revenants, Winter people est une bouffée de détresse émotionnelle, de drame et d'espérance. J'ai passé là un moment unique et je classe sans hésiter ce roman parmi les meilleur lu depuis le début de l'année. Je recommande ! 

Vous y trouverez :
- Du désespoir et de la tristesse
- Des moments effrayants
- De l'espoir

Vous n'y trouverez pas :
- De romance
- D'action    

 

mercredi 12 avril 2017

Library Jumpers, tome 2 : La Gardienne des Mensonges de Brenda Drake

Année d'édition : 2017
Edition : Lumen
Nombre de pages : 479
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture : Quand le Conseil des mages envoie Gia dans une petite ville du Connecticut, elle croit d'abord que vivre sous protection avec sa famille, ses amis – et, en bonus, Arik en personne – ne devrait pas s'avérer trop désagréable. Mais la déception ne tarde pas : son meilleur ami, Nick, a du mal à contrôler de tout nouveaux pouvoirs plus qu'inquiétants, son père est de plus en plus proche de Deirdre, la jumelle qui a pris sa place auprès de lui en l'absence de Gia, et Arik semble un peu trop intéressé par une jeune habitante du village.
Bien décidée à retrouver les Chiavi manquantes – ces clés magiques qui sont leur seul espoir –, la jeune Sentinelle, accompagnée de Nick, visite en secret certaines des plus belles bibliothèques de la planète. Mais le sort s'acharne : elle déclenche au détour d'un couloir sombre un piège qui l'expédie vers une bien mystérieuse destination. Pour retrouver les siens, Gia va être contrainte de faire un sacrifice, un choix terrible qui lui coûtera un être cher.

Mon avis :

Library Jumpers est une saga qui va en s'améliorant. Si le premier opus souffrait de quelques défauts, j'ai grandement plus apprécié celui-ci. Alors oui, certaines choses ne changent hélas pas, on reste dans certaines thématiques propres au YA comme le triangle amoureux, mais l'auteur se focalise davantage sur l'intrigue en elle-même et sur cet univers incroyable des library jumpers.

On retrouve notre héroïne Gia qui poursuit sa quête : retrouver les Chiavi manquantes, ces clefs qui pourraient détruire le monde des chimères. En compagnie de ses alliés et de son ami Nick qui depuis peu est devenu aussi un détenteur de pouvoir, elle parcourt les bibliothèques sur les indications de son défunt grand-père pour toutes les retrouver et les mettre en sécurité.

Dans ce second opus, on a davantage d'action. Gia est bien plus courageuse et n'hésite pas parfois à foncer tête baissée dans la mêlée sans se soucier de sa sécurité ou des conséquences. Qu'à cela ne tienne, elle se sait protégé par de nombreux protecteurs qui sont souvent à ses côtés. L'action est nombreuse, bien plus que dans le premier opus et les révélations le sont toutes autant. Certaines sont bien amenées (par exemple sur le grand-père de Gia) et d'autres un peu prévisibles (l'identité de Le Rouge).

La gardienne des mensonges fut la lecture idéale pour me reposer. Retrouver notre groupe de personnage, l'intrigue de fond sur une possible fin du monde pour Asile et les chimères, découvrir de nouveaux pouvoirs et comme bien souvent en littérature jeunesse : de la romance. Gia qui est toujours tiraillé entre Bastien, un mage fort et puissant, quelqu'un de noble tant dans son comportement que dans son rang et Arik, le guerrier qui fait tant battre son coeur. Bien évidemment les choix seront difficiles, mais Gia tente de suivre son instinct et son coeur. Quant à savoir si elle a raison, le troisième tome nous le dira.

Concernant l'évolution de l'intrigue, j'ai aimé que tout ne soit pas rose. On subit de sacré perte dans cette suite et c'est avec un plaisir sadique et manifeste que j'ai apprécié les sacrifices que fait l'auteur. Parce que forcément, on finit ce roman avec une certaine pression, une envie de vite découvrir la suite ! Mention spéciale pour Faith, l'un des personnages que j'apprécie le plus dans l'univers et pour le petit nouveau Royston. Il a un énorme potentiel et je suis certaine qu'il saura nous surprendre.

J'ai beaucoup aimé un certain passage où les saisons se jouent de notre héroïne, enfermé dans un endroit dangereux en compagnie de Bastien. C'était original et cela a permis de mettre beaucoup de piment dans le roman. Déçue par contre des événements concernant Emily bien trop prévisible à mon goût !
 
En bref, La gardienne des mensonges m'a paru meilleur que son prédecesseur. Plus de dynamisme, de révélations et de rebondissements qui apportent une touche de punch à une suite que j'espérais meilleure. Le pari est remporté, l'auteur a su m'emmener avec ses personnages dans une belle aventure et il me tarde maintenant de lire la suite. Très agréablement surprise !

Vous trouverez :
- De la magie et des combats au corps à corps
- Des livres et bibliothèque
- De l'amour

- Vous n'y trouverez pas :
- De sexualité        

 

dimanche 9 avril 2017

Les fils de Krondor tome 2 : Le boucanier du roi de Raymond E.Feist

Année d'édition : 2015
Edition : Milady
Nombre de pages : 720
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Sept ans après les événements contés dans Prince de Sang, la paix s’effondre à nouveau…
Remis des ravages de la guerre de la Faille, le peuple du royaume des Isles jouit de la paix et de la prospérité. Nicholas, le troisième fils du prince Arutha de Krondor, est un jeune homme brillant et doué, mais il est confiné à la cour de son père. Afin de découvrir le monde hors des murs du palais, Nicholas et son écuyer, Harry, font voile vers la pastorale Crydee.
Mais peu après son arrivée, Crydee est brutalement attaquée par des forces inconnues. Le château est réduit à l’état de ruines, les citoyens sont massacrés et deux jeunes femmes nobles, amies de Nicholas, sont enlevées.
Bientôt le jeune prince et ses compagnons découvrent que l’attaque surprise n’était pas un incident isolé. Les envahisseurs sont venus des lointaines îles du Couchant, repaire des coupe-jarrets de tous horizons, et se sont rassemblés pour faire la guerre à la patrie de Nicholas. Mais ce n’est pas un simple raid d’esclavagistes : ils servent une force obscure qui menace le monde de Midkemia dans sa totalité, une puissance terrifiante que Nicholas va devoir affronter.

Mon avis :

Le premier tome des fils de Krondor avait été sympathique. J'avais passé un bon moment en compagnie de Borlic et Erland et je savais qu'une fois encore, je passerais un moment agréable. Ce fut bien entendu le cas et même que ce second tome m'aura davantage plu. Plus dynamique et surprenant, l'aventure initiatique de Nicholas est vraiment palpitante et pleine de surprise. Raymond E.Feist est un auteur qui même s'il utilise les codes classiques de la fantasy sait rendre son histoire addictive et intéressante. Idéal pour les lecteurs qui lisent peu ce genre et qui ont envie de davantage le découvrir. 

On commence l'ouverture assez classiquement avec la rencontre de notre duo de héros : Nicholas prince de Krondor et souffrant d'une malformation au pied depuis sa naissance et Harry son ami et écuyer de toujours. Malformation qui le gène au quotidien et qui le rend atypique. Il est honteux de cet état de fait et se met de lui même en retrait de la société parce qu'il pense souvent, à tort parfois, qu'on se moque de lui et de son handicap. Le plus visible dans son entourage, ce sont ses parents qui du coup, le surprotège pour ne pas qu'il ait à affronter réellement le monde. Alors que ses frères étaient déjà partie en mission diplomatique à son âge, Nicholas n'a jamais quitté le royaume. Alors autant dire que lorsqu'on père lui demande de devenir écuyer pour son oncle Martin, Nicholas est surpris et guère enchanté par la perspective. 

Mais son ami, Harry voit là l'occasion de sortir du royaume et de découvrir de nouvelles personnes, enfin surtout de nouvelles femmes. Parce que oui, Harry est un personnage joyeux et coureur de jupon, l'opposé exact de Nicholas et ce contraste entre ces amis est saisissant, mais fonctionne très bien. Là où je reprochais un manque évident de dynamisme dans le premier opus, je fus ici, servie. L'action est très présente, les héros voyagent beaucoup et font de nouvelles découvertes. On ne s'ennuie pas et de toute façon la quête principale est suffisamment palpitante pour nous donner envie de lire l'histoire rapidement. Les sept cent pages défilent très vite tant on est pris dans cette toile violente et pleine de danger. 

On rencontre vite de nouveaux personnages et certains intriguent de suite bien plus que les autres. Je pense au duo Nakor et Ghuda. Duo déjà présent dans le premier opus et qui nous régalent une fois encore de leur personnalité si particulière, surtout Nakor. Qu'est-ce que j'apprécie ce personnage et tout le mystère qui tourne autour de lui. Il semble être magicien et devin, quasi immortel, et pourtant il soutient le fait que la magie n'existe pas. Énigmatique et très drôle, il plaira à bons nombres de lecteurs. 

On a ici un roman initiatique comme c'est souvent le cas en fantasy. Nicholas va apprendre la vie telle que les rois et hauts seigneurs la vive : avec son lot de guerre, de pertes, de bonheur et de désillusions. Il devra mettre de côté son rang et son handicap pour se faire une place et s'ouvrir au monde. Lorsque le royaume de son oncle est attaqué, Nicholas prend vite la décision de secourir la princesse et son amie, capturées toutes les deux par les attaquants. Mais voilà, Nicholas n'a jamais fait de guerre de sa vie et il lui faudra apprendre sur le tard comment affronter les autres. L'action est bien menée, certaines scènes sont tragiques et d'autres très légères de quoi offrir un bon compromis entre la fantasy dite light et celle dite dark.

En bref, Le boucanier du roi m'aura bien plu. Certes, cela ne révolutionne pas le genre, mais cela a le mérite d'être honnête, bien écrit et bien amené. Idéal pour se divertir avec un univers de fantasy.

Vous y trouverez :
- Un prince qui n'a pas confiance en lui à cause d'une malformation
- Des personnages énigmatiques et haut en couleur
- De l'action et de la magie.

Vous n'y trouverez pas :
- Beaucoup de créatures typiques de l'imaginaire.
- De grands rebondissements 

http://www.climaginaire.com


 

lundi 3 avril 2017

Tout le monde te haïra d'Alexis Aubenque

Année d'édition : 2016
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 445 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
En Alaska, la ruée vers l'horreur a commencé.

White Forest, petite ville côtière du sud de l'Alaska, est en émoi. Pris dans les glaces, un navire ayant sombré en 1920 vient d'être découvert. Les corps des marins en ont été extraits, mais manquent à l'appel ceux d'une centaine d'orphelins...
C'est dans cette étrange atmosphère que débarque Alice Lewis, avec l'espoir de retrouver sa sœur disparue. Elle engage aussitôt un ancien flic au passé trouble devenu détective privé, Nimrod Russell.
De l'autre côté de la ville, la lieutenante Tracy Bradshaw récupère une sordide affaire : pendu par les pieds dans sa grange, un notable a été éventré à l'aide d'un hakapik, l'arme inuit servant à abattre les phoques.
Envers, et surtout contre tous, les deux ex-coéquipiers, Tracy et Nimrod, vont devoir travailler ensemble alors que plane sur eux l'ombre des enfants disparus.

Mon avis :

Avec une couverture et un titre pareil, je ne pouvais passer à côté de ce roman. J'ai déjà vu passer de nombreux avis sur les différents romans de l'auteur et en général c'était très positif. Me concernant, j'avoue avoir été séduite par les 3/4 du romans, mais sur la fin ce fut la douche froide. J'étais un peu en mode : tout ça pour ça ?

Je m'explique. Tout commence avec la découverte d'un corps éventré. Un homme en apparence normal et sans ennemi trop virulent. Mais le coupable semble avoir eu une dent contre lui et le lui a clairement fait comprendre en l'éventrant comme un animal à l'aide d'une arme inuit. Forcément, tous les regard vont se porter vers la communauté inuit alors que rien n'indique qu'ils ne soient les responsables de ce carnage. 

Entre temps, on fait la connaissance d'Alice Lewis qui cherche sa demi-sœur, disparue depuis un mois. Si tout le monde évoque le fait qu'elle soit partie rejoindre son amant, Alice en doute et même si elle n'a découvert que depuis peu l'existence de sa sœur, elle reste certaine que celle-ci n'aurait pas coupé les ponts avec son fils pour une amourette. Mais voilà, personne n'écoute Alice, beaucoup la prennent pour une hystérique et on évite de trop s'approcher des affaires du fils du maire. C'est dans ce contexte que les choses se déroulent pendant qu'en même temps, un navire transportant beaucoup de cadavres congelés depuis des années a refait surface en partie à cause du réchauffement climatique. Un mystère que beaucoup tentent d'éclaircir, à leurs risques et périls.

Niveau lecture, je n'ai eu aucun souci à me plonger et dans l'ambiance et dans la plume de l'auteur. Ça se lit rapidement et on y prend du plaisir. C'est assez rapide, il y a du rythme et on arrive facilement à s'imaginer et les personnages et les décors et actions. Point de souci donc pour se sentir à l'aise dans l'univers et ressentir de l'intérêt pour les héros. Très vite, on a envie d'en apprendre davantage sur leur parcours personnel, leur histoire et leur inspiration. Que veulent-ils ? Pourquoi en sont-ils là ? Prenons l'exemple d'Alice, jeune citadine qui reste certaine qu'il est arrivé malheur à sa sœur. Elle le sent et décide d'engager un détective privé pour prouver à tous que non, elle n'est pas folle. Alors oui on peut se demander pourquoi tant d'acharnement de sa part, surtout qu'elle ne connait sa demi-sœur que depuis quelques mois.  Alors oui, finalement, que sa sœur soit partie avec un amant, ou qu'elle soit morte, ça ne lui changera rien de sa vie, du coup on est là à se demander si ce n'est pas juste une façon de rendre sa vie un peu plus palpitante en cherchant une histoire dramatique là où elle pense la trouver. Pour autant, j'ai aimé toute cette partie du roman qui donne une dimension assez humaine et palpitante à l'intrigue. (ou plutôt aux intrigues). Le détective privé, Nimrod, ancien collègue de l'autre grande héroïne du roman, Tracy, va tout mettre en œuvre pour retrouver la dite sœur disparue.  Et il ne lésine pas sur les moyens !

Entre temps donc, il y a Tracy, une lieutenante qui ne mâche pas ses mots et qui possède une vie de famille épanouissante si ce n'était les troubles de son petit garçon qui a des problèmes comportementaux pendant la nuit. Problèmes qui ne sont pas forcément résolus en fin de lecture, et qui n'apporte rien à l'intrigue principale. Cela permet, je trouve, de mieux s'attacher à notre héroïne qui n'a rien d'une machine de guerre et montre à plusieurs reprises son côté très humain. (C'est devenu un peu trop répétitif les flics super forte et courageuse qui ressemblent davantage à des rambo féminine qu'à de vrais nanas qui pourraient exister dans la vie réelle.). Tracy enquête donc sur un meurtre sordide qui va mettre en lumière beaucoup de choses qui auraient dû rester cacher au fond d'une boite : la vie sexuelle très particulière et bestiale d'un tas de membres de l'élite de la ville. L'enquête avance à son rythme, évaluation des preuves matérielles, enquête de voisinage, interrogation des suspects potentiels, tout y passe et on a là une vraie dynamique policière. Seulement, on a du mal à penser que les enquêtes de Tracy et de Nimrod puissent être liées. 

Plus j'avançais dans ma lecture, plus j'étais conquise. Rien n'est finalement laissé au hasard et on se pose aussi beaucoup de question sur les passages qui mettent en scène un jeune héros : Vassili. Et c'est là où j'avoue que l'auteur m'a un peu perdu. Ces passages très sombres et violents n'apportent pas grand chose à l'histoire si ce n'est expliquer la vie du jeune garçon et son dur labeur de chaque jour. Oui, il existe un lien entre toutes ses histoires, mais finalement j'ai eu la sensation d'un trop plein d'émotions pour finir sur un dénouement peu satisfaisant. 

Peut-être parce que Vassili semble avoir un rôle important et qu'on veut bien nous faire comprendre l'horreur de la situation, mais je pense que sans cela, oui j'aurais trouvé le dénouement écoeurant et à gerber. Insister de la sorte avec des passages qui perdent un peu le lecteur puisque font penser à un retour dans le passé, m'aura un peu moins plu. 

En bref, Tout le monde te haïra reste un bon thriller. On ne s'ennuie pas, les événements sont rapides et s'enchaînent et l'auteur apporte beaucoup de psychologies et de crédibilité à ses personnages. Nul doute que je relirais l'auteur dès que l'occasion se présentera.

Vous y trouverez :
- Plusieurs enquêtes, plusieurs cadavres
- Des héros attachants et différents
- Une sombre histoire qui pourrait vous donner la nausée.

Vous n'y trouverez pas :
- De super-homme.
- De romance